Tchernobyl : des mutations détectées chez les enfants des travailleurs exposés aux radiations
Le 26 avril 1986, un test de sécurité raté a conduit à la fusion d'un réacteur de la centrale de Tchernobyl , relâchant d'importantes quantités de matières radioactives. L'Union soviétique a mobilisé entre 600 000 et 800 000 personnes, appelées…
Le 26 avril 1986, un test de sécurité raté a conduit à la fusion d'un réacteur de la centrale de Tchernobyl , relâchant d'importantes quantités de matières radioactives. L'Union soviétique a mobilisé entre 600 000 et 800 000 personnes, appelées liquidateurs, pour contenir les conséquences de cet incident.
Tchernobyl : Héritage Intergénérationnel
Une étude de l'Université de Bonn, publiée le 23 juin 2025 dans Scientific Reports , a pour la première fois établi que les enfants des liquidateurs présentaient des mutations génétiques. L'étude a détecté un type particulier de mutation : les cDNM (clustered de novo mutations), qui apparaissent sans être présentes dans les cellules parentales.
Les rayons ionisants provoquent des cassures de l'ADN, et bien que les cellules utilisent des enzymes spécialisées pour réparer ces cassures, la fidélité de ce processus est compromise lorsque les cassures sont multiples et proches.
L'Union soviétique a mobilisé entre 600 000 et 800 000 personnes, appelées liquidateurs, pour contenir les conséquences de cet incident.
En examinant le génome de 130 descendants de liquidateurs, une moyenne de 2,65 cDNM par enfant a été identifiée, comparée à 0,88 dans un groupe témoin non exposé, et 1,48 chez les enfants d'opérateurs radar exposés à des radiations moindres.
Malgré les mutations identifiées, l'impact sur la santé reste limité, car la majorité des cDNM se situent dans des régions non codantes de l'ADN. Selon l'étude, la probabilité qu'une pathologie soit déclenchée par ces mutations reste minime. Même l'âge paternel induit plus de mutations que l'exposition mesurée chez les liquidateurs.
Cette recherche apporte la preuve de la transmission héréditaire des mutations dues aux radiations, mettant fin à une longue omerta scientifique. Elle constitue une avancée significative dans la compréhension des conséquences de l'accident de Tchernobyl.
D’après Journal du Geek.
