Le décret russe sur les entreprises frappées par drone dissuade de déclarer les incidents
Moscou autorise l'État à prendre le contrôle des sociétés visées dans l'énergie, les transports et la logistique.

Vladimir Poutine a signé un décret permettant à l'État russe de prendre le contrôle d'entreprises visées par des attaques de drones. Le texte couvre l'énergie, les transports, la logistique et les installations jugées essentielles à la sécurité nationale, et peut être déclenché par simple ordre présidentiel.
L'intérêt de ce dispositif, du point de vue de la gestion des incidents, tient à ce qu'il modifie les conséquences d'une attaque réussie. Dans la plupart des cadres réglementaires, une atteinte aux infrastructures d'une entreprise déclenche une procédure orientée vers la remise en service et, le cas échéant, une notification à l'autorité compétente. Ici, elle peut déclencher un changement de propriétaire.
Cela inverse l'incitation à déclarer. Lorsque signaler un incident expose à la perte de l'actif, la conduite rationnelle pour une direction consiste à minimiser, différer ou absorber l'événement en silence. La sous-déclaration en découle directement, et avec elle la perte de la visibilité sectorielle qui rend possible une défense coordonnée.
Vladimir Poutine a signé un décret permettant à l'État russe de prendre le contrôle d'entreprises visées par des attaques de drones.
L'effet se propage au marché de l'assurance. Les assureurs tarifent le risque physique et cyberphysique à partir des données de sinistralité déclarée. Un régime qui décourage la déclaration dégrade la qualité de ces données, ce qui se traduit par un élargissement des primes pour l'ensemble des opérateurs des secteurs concernés.
Des experts qualifient la mesure de nationalisation hybride, le fait générateur étant un événement de sécurité plutôt qu'une orientation économique assumée. Pour les groupes disposant d'actifs russes dans les secteurs visés, elle ouvre une voie d'expropriation que les couvertures de risque politique classiques n'avaient pas anticipée.
D’après Euronews.


