La DGFiP visée par une fuite touchant plus de 670 000 usagers d'impots.gouv.fr
Le pirate qui se revendique sous le pseudonyme Zerobytes affirme aussi détenir les données cadastrales de plus de deux millions de propriétaires, dans une série de piratages qui frappe l'administration française depuis début août.
Zerobytes n'en est pas à son coup d'essai. Depuis le début du mois d'août, ce pirate, ou ce collectif se présentant sous ce seul pseudonyme, a revendiqué cinq fuites de données distinctes visant des organisations françaises, dont trois touchent directement des services publics.
La plus sensible concerne la Direction générale des finances publiques. Zerobytes affirme avoir extrait 43 gigaoctets de documents internes, puis, dans un second temps, des données liées à plus de 670 000 comptes de la plateforme impots.gouv.fr. À cela s'ajoute une base distincte, présentée comme cadastrale, qui concernerait plus de deux millions de propriétaires fonciers recensés par le service SPDC.
La DGFiP n'a pas confirmé publiquement l'ampleur exacte des données concernées au moment où ces lignes sont écrites. C'est une réponse habituelle face à ce type de revendication: le temps que prennent l'analyse forensique et la vérification des échantillons dépasse toujours celui de la communication du pirate, qui n'a lui aucun intérêt à attendre.
Le gouvernement, de son côté, a réagi vite, au moins sur le plan politique. La gravité perçue de l'incident a poussé l'exécutif à accélérer son plan de modernisation de la cybersécurité des administrations, un chantier annoncé depuis plusieurs mois mais resté, jusqu'ici, largement théorique dans son calendrier.
La plus sensible concerne la Direction générale des finances publiques.
Le profil de Zerobytes correspond à un schéma désormais familier dans le paysage est-européen de la cybercriminalité: revendiquer vite, sur des forums spécialisés, avant même que la victime ait eu le temps de communiquer, pour maximiser la pression médiatique et la valeur de revente des données. Le calendrier resserré, cinq revendications en moins d'un mois, suggère soit un accès particulièrement large à l'écosystème des sous-traitants publics, soit une automatisation poussée de la phase de reconnaissance.
Reste une question que personne ne pose assez souvent après ce genre d'annonce: d'où vient réellement la donnée. Un cadastre national et une base fiscale ne se piratent pas de la même manière qu'un site marchand. Soit la fuite provient d'un prestataire tiers ayant un accès à ces bases, hypothèse la plus fréquente dans ce type de dossier, soit elle révèle une faille bien plus directe dans l'infrastructure de l'État. Pour l'instant, aucun élément public ne permet de trancher.
Pour les usagers concernés, la recommandation reste la même que pour toute fuite associant identité et données fiscales: surveiller les tentatives de phishing se faisant passer pour l'administration fiscale, ne jamais transmettre par téléphone un identifiant impots.gouv.fr, et activer, si ce n'est pas déjà fait, la double authentification proposée sur le portail.
Ce n'est pas la première fois que l'administration fiscale française fait l'objet d'une revendication de ce type. Les services de renseignement collaborent désormais de façon quasi systématique avec l'ANSSI dès qu'un service régalien est cité dans ce genre d'annonce, ne serait-ce que pour écarter l'hypothèse, statistiquement rare mais jamais totalement absente, d'une ingérence étrangère plutôt que d'une cybercriminalité purement financière.
D’après INCYBER NEWS.




