Le drive Intermarché touché à son tour, 1,7 million de comptes concernés selon le pirate Zerobytes
La grande distribution rejoint la liste des cibles françaises revendiquées en série par le même groupe, aux côtés de l'administration fiscale et de l'opérateur SFR.
Un compte de drive de supermarché n'a l'air de rien, jusqu'à ce qu'on énumère ce qu'il contient réellement: nom, adresse, numéro de téléphone, historique d'achats parfois vieux de plusieurs années, et dans certains cas les quatre derniers chiffres d'une carte bancaire enregistrée pour accélérer le paiement. C'est ce type de compte, 1,7 million d'entre eux selon la revendication publiée par Zerobytes, qui serait concerné chez Intermarché.
Le groupe Les Mousquetaires, propriétaire de l'enseigne, n'a pas confirmé le chiffre au moment où cet article est écrit. La grande distribution française a déjà connu plusieurs incidents de ce type ces dernières années, souvent liés non pas à une faille dans le système central du distributeur mais dans un prestataire technique gérant la partie e-commerce ou fidélité du site.
C'est d'ailleurs l'hypothèse qui revient le plus souvent chez les analystes suivant la série de piratages Zerobytes depuis le début du mois: plusieurs cibles très différentes, une administration fiscale, un opérateur télécom, un distributeur alimentaire, touchées en quelques semaines par le même pseudonyme, ce qui pointe plus vers un fournisseur ou une chaîne de sous-traitance partagée que vers quatre intrusions indépendantes menées depuis zéro à chaque fois.
Pour un client du drive Intermarché, le risque concret dépend presque entièrement des champs réellement exposés. Un historique d'achats seul reste embarrassant mais peu dangereux. Associé à un numéro de téléphone et une adresse, il devient un matériau de choix pour une campagne de phishing très personnalisée, du type de celles qui se font passer pour un service de livraison ou pour l'enseigne elle-même en proposant un « remboursement » ou un « bon d'achat » à réclamer via un lien frauduleux.
C'est ce type de compte, 1,7 million d'entre eux selon la revendication publiée par Zerobytes, qui serait concerné chez Intermarché.
Rien, à ce stade, ne permet de confirmer si des données bancaires complètes figurent dans le lot revendiqué. C'est précisément le point que la CNIL et les enquêteurs chercheront à établir en premier, puisqu'il détermine l'ampleur réelle de l'obligation de notification et le niveau d'alerte à transmettre aux clients concernés.
En attendant une communication officielle du groupe Les Mousquetaires, la recommandation reste standard: se méfier de tout message inhabituel se présentant comme venant d'Intermarché, vérifier l'adresse exacte de tout lien avant de cliquer, et changer le mot de passe du compte drive si celui-ci est réutilisé ailleurs.
Le secteur de la grande distribution a, historiquement, investi moins massivement dans la cybersécurité que les banques ou les opérateurs télécom, un écart de maturité que plusieurs études sectorielles documentent depuis des années. Un piratage de cette ampleur, s'il se confirme, pourrait accélérer les arbitrages budgétaires internes en faveur des équipes sécurité, un effet secondaire fréquent après ce type d'incident très médiatisé.
D’après INCYBER NEWS.




