La Grèce bannit les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans à partir de 2027.

Un tournant numérique pour la jeunesse hellénique
Le gouvernement grec a franchi une étape historique dans la régulation du monde numérique. Mercredi 8 avril, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé l'interdiction de l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Le texte législatif devrait être voté dès cet été pour une mise en application effective au 1er janvier 2027.
C'est paradoxalement via une vidéo diffusée sur TikTok, l'une des plateformes les plus prisées par les adolescents, que le chef du gouvernement a choisi de s'adresser directement à la jeunesse. « Nous avons décidé d’aller de l’avant avec une mesure difficile mais nécessaire », a-t-il déclaré, reconnaissant que cette décision provoquerait sans doute la colère de certains utilisateurs.
Protéger contre les « algorithmes addictifs »
L'objectif affiché par Athènes n'est pas de bannir la technologie, mais de protéger la santé mentale des plus jeunes face aux mécanismes de dépendance mis en place par les géants du web.
Le gouvernement grec a franchi une étape historique dans la régulation du monde numérique.
- Santé cérébrale : Le Premier ministre a invoqué les preuves scientifiques, soulignant que l'exposition prolongée aux écrans empêche le repos du cerveau.
- Préservation de l'innocence : Le gouvernement souhaite lutter contre des applications dont le fonctionnement « nuit à la liberté » des enfants.
- Responsabilité parentale : Kyriakos Mitsotakis a toutefois précisé que cette loi n'est qu'un « outil » et ne saurait se substituer à la vigilance et à la présence des parents.
Une tendance mondiale qui prend de l'ampleur
La Grèce s'inscrit dans un mouvement international de régulation stricte. Elle suit les traces de l'Australie, pionnière en la matière avec une législation entrée en vigueur fin 2025 imposant un âge minimum de 16 ans. Les plateformes comme Facebook, Instagram, X, TikTok ou Twitch y risquent désormais des amendes colossales, pouvant atteindre 28 millions d'euros, si elles ne parviennent pas à exclure les mineurs de leurs services.
En Europe, la France, le Danemark et l'Espagne explorent également des pistes similaires. Le Premier ministre grec a d'ailleurs affirmé faire pression sur l'Union européenne pour que cette initiative devienne une norme communautaire.
Cette mesure soulève déjà d'importantes questions techniques sur les méthodes de vérification de l'âge et suscite des débats passionnés chez les adolescents, certains craignant un « retour à la préhistoire » numérique.


